Dimanche 28 août 2011 7 28 /08 /Août /2011 02:42

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Quatrième de couverture :

 

Après plus de vingt-cinq ans de malédiction éditoriale, nous avons le plaisir de vous présenter pour la première fois en langue française Au-delà du mal, de Shane Stevens, l'un des livres fondateurs du roman de serial killer, avec Le Dahlia noir, de James Ellroy, et Le Silence des agneaux, de Thomas Harris. À 10 ans, Thomas Bishop est placé en institut psychiatrique après avoir assassiné sa mère. Il s'en échappe quinze ans plus tard et entame un périple meurtrier à travers les États-Unis. Très vite, une chasse à l'homme s'organise : la police, la presse et la mafia sont aux trousses de cet assassin hors norme, remarquablement intelligent, méticuleux et amoral. Les destins croisés des protagonistes, en particulier celui d'Adam Kenton, journaliste dangereusement proche du tueur, dévoilent un inquiétant jeu de miroir, jusqu'à un dénouement captivant. A l'instar d'un Hannibal Lecter, Thomas Bishop est l'une des plus grandes figures du mal enfantées par la littérature contemporaine, un héros " terrifiant pour lequel on ne peut s'empêcher d'éprouver, malgré tout, une vive empathie. Au-delà du mal, épopée brutale et dantesque, romantique et violente, à l'intrigue fascinante, constitue un récit sans égal sur la façon dont on fabrique un monstre et sur les noirceurs de l'âme humaine. D'un réalisme cru, presque documentaire, cet ouvrage, hanté par la figure de Caryl Chessman, n'est pas sans évoquer Le Chant du bourreau de Norman Mailer et De sang-froid de Truman Capote. Un roman dérangeant, raffiné et intense.

 

 

Mon avis :

 
Cela faisait longtemps que j'attendais ça. Le renouveau du thriller est bel et bien arrivé, avec ce superbe ouvrage de 900 pages, recommandé par Stephen King himself.

 

Il est rare de voir des thrillers qui sortent des sentiers battus. Même si certains tentent de se démarquer, en instillant par exemple une dose de fantastique, le schéma reste indéniablement le même, avec toujours ce but de faire vibrer le lecteur par une action rapide et des émotions fortes à chaque fin de chapitre. Chattam si tu m'entends..

 

Ici, on s'en éloigne diamétralement. Déjà, par la longueur. Je ne connais guère de polars qui font autant de pages. Cela rejaillit sur le rythme, qui est plutôt lent, ce qui laisse une plus grande profondeur à l'histoire. Cette profondeur s'illustre notamment par le personnage principal que l'on va majoritairement suivre ici, ce cher Thomas Bishop, serial killer de son état. Eh oui, on est plongé dans les pensées et les tourments d'un tueur en série, ce qui est assez dérangeant. Enfin, ce roman est bien plus qu'un thriller, mais en profite pour dépeindre les travers d'une Amérique des années 70, à travers l'exploration de nombreuses pistes de réflexions vraiment intéressantes.

 

Premier point intéressant : l'histoire commence par l'enfance de Thomas Bishop. Elevé par une mère folle et traumatisé par les hommes, dire que l'enfant a manqué de repères serait un euphémisme. Entre lobotomisation, coups et solitude, l'enfance de Thomas Bishop a été considérablement perturbée ce qui va, vous l'avez compris, quelque peu influencer sa destinée.

 

Thomas Bishop va tuer sa mère, à l'âge de 10 ans. L'âge où l'on rentre normalement en 6e. Interné successivement dans plusieurs hôpitaux psychiatriques, il devint un jeune homme totalement dérangé, égocentrique, fragile et sociopathe.

Pendant ses années d'enfermement, il médita le plan d'évasion parfait, qu'il réussira à mettre en pratique avec un certain brio. Le mal est désormais lâché dans l'anonymat des grandes villes américaines.

 

Et là, tout se déchaîne. Bishop lui même, en devenant un tueur en série insaisissable. Les politiques ensuite, en profitant de cette série de massacre pour relancer le débat sur la peine de mort, et enfin les médias. Eux, c'est juste pour faire de l'argent.

 

Ah oui, Bishop a l'intime conviction - à tort ou à raison - d'être le fils de Caryl Chessman, ancien violeur en série, condamné à mort après des années de lutte acharnée pour éviter la peine capitale. Cet élément renforce la richesse de l'intrigue, et permet de mettre en place une gigantesque toile d'araignée où les pistes se croisent et se décroisent dans une sorte de danse macabre. Grandiose.

 

Car oui, ce livre est juste formidable. L'appelation de thriller est presque galvaudée. Je n'ai jamais vu un thriller d'une telle richesse.

 

Rien que le personnage de Thomas Bishop et la place qui lui est octroyée ici vaut le détour. On est plongé dans ses pensées les plus noires, dans ses massacres les plus sanglants, dans son absence totale d'empathie, et dans ses cauchemars peuplés d'images de sa mère défunte. L'approche choisie par Shane Stevens est excellente et dénuée de manichéisme. On ne peut s'empêcher de s'attacher pour Thomas Bishop, qui a tellement souffert. Mais on ne peut non plus excuser ses tueries. A ce titre, une des dernières scènes entre lui et Adam Kenton, journaliste enquêtant sur l'affaire, est particulièrement bluffante. J'en ai pleuré.

 

Les personnages secondaires sont légion, et sont tous bien exploités. Entre le républicain véreux surfant sur la vague meurtrière pour se faire défenseur de la peine de mort, le journaliste - Adam Kenton - individualiste et égocentrique, ou les psychiatres affirmant leurs certitudes incertaines (oui oui), on ne s'ennuie guère.

 

Outre cette chasse à l'homme, Shane Stevens s'interroge ici sur la légitimité de la peine de mort. Il le fait en restant neutre, sans s'enfermer dans une tendance trop conservatrice ou trop progressiste. Doit-on condamner à mort un homme fou et traumatisé commettant d'horribles massacres? Si, évidemment, je pense que non, le débat est vif dans l'Amérique des années 70, et toujours un peu de nos jours. D'ailleurs, le titre original By reason of insanity fait référence à l'éventuelle irresponsabilité pénale de la personne commettant des crimes sous l'emprise de la folie.

 

Dans la lignée du débat sur la peine de mort, ce livre permet de s'interroger sur la psychiatrie, science aussi obscure que versatile, et qui pourtant est parfois érigée en vérité absolue.

 

Comment ne pas citer la place importante des médias dans le livre, reflétant la place légitime qu'ils occupent dans la société américaine? Des médias animés par un but unique de vente, recourant pour cela à des pratiques un tantinet illégales.

 

Ce livre est un petit bijou, à recommander à tous. Un second livre de l'auteur est paru récemment et mélange cette fois ci thriller et roman d'espionnage..

 

Par Shanaa - Publié dans : Thriller - Communauté : Membres de Livraddict
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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 21:55

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Quatrième de couverture :

 

« Avec Justine, un homme du XVIIIe siècle parle, un prisonnier vitupère, un philosophe argumente, tous ensemble, dans une symphonie agressive que notre oreille douillette, accoutumée à de trop douces harmonies peut-être, reçoit comme un coup de poing. C'est précisément dans ce choc que la vérité de Sade doit se trouver, dans l'hématome, la boursouflure, le filet de sang qui suinte de la plaie. "Vous avez imaginé faire merveille (écrit-il à ses censeurs) en me réduisant à une abstinence atroce sur le péché de chair ; eh bien vous vous êtes trompés : vous avez échauffé ma tête, vous m'avez fait former des fantômes qu'il faudra que je réalise." Les menaces de Sade vont se concrétiser et les "fantômes", nés de son cerveau incendié par l'injustice, se mettre en marche, pour ne plus s'arrêter. Sade a 50 ans lorsqu'il écrit Justine ou les malheurs de la vertu, il ne sait pas encore qu'il est un écrivain. Il l'apprendra dans l'enfermement, ce qu'il appelle lui-même le "pressurage" de son isolement. »

 

 

 

Mon avis :

 

Premier ouvrage officiel du Marquis de Sade, publié en 1791. Réecrit plusieurs fois, Sade a sans cesse modifié son oeuvre, celle-ci devenant de plus en plus cruelle et sadique, eh oui.

 

Dieu qu'il est difficile de chroniquer un tel livre ! Le roman a provoqué un gigantesque scandale à sa sortie, et a d'ailleurs connu la censure. Vu son contenu, on peut presque le comprendre. Car oui, Justine ou les malheurs de la vertu est probablement l'un des romans les plus pornographiques et immoraux qui existent. Cependant, s'en tenir à cet aspect serait passer à côté de la richesse de l'oeuvre. Du chef d'oeuvre, même.

 

Justine est orpheline. A douze ans, elle est renvoyée de son couvent du fait de sa trop grande misère. Eprise de vertu , elle va sillonner  le pays à la recherche d'une bonne âme pour l'aider. Justine va rencontrer de nombreuses personnes : comtes, moines, notables.. Malheureusement pour cette jeune vierge bourrée de valeurs religieuses, ses rencontres vont la marquer au fer rouge. Au sens figuré et littéral, d'ailleurs.

 

Chaque rencontre sera plus violente et sadique que la précédente. A titre d'illustration, citons par exemple l'abbaye maudite dans laquelle des moines séquestrent des filles jeunes (et moins jeunes) dans le seul but d'assouvir leurs désirs libertins. La pauvre Justine ne rencontrera que des libertins au cours de son tragique périple. Des êtres dénués de toute morale qui savourent sciemment leurs pulsions les plus noires. Viol, inceste, scatophilie, fantasmes sado-masochistes en tout genre, ce livre est très clairement à déconseiller aux âmes sensibles. Le terme sadisme, faisant référence aux écrits de Sade, est très loin d'être fortuit ici.

 

Comme je l'ai énoncé, ce livre n'est cependant pas qu'une succession de scènes dérangeantes.

 

Tout d'abord, la plume de Sade est purement exquise. Le style est très poètique et on savoure chaque passage, même les plus monstrueux. Point de vulgarité ici, même les scènes les plus atroces sont contées avec une poèsie presque délirante et totalement jouissive. La plume de Sade se boit, tout simplement.

 

Le livre est également émaillé de nombreux passages dans lesquels Sade expose sa vision du monde et de l'homme, à travers les interlocuteurs que rencontrent Justine. Profondément athé, Sade s'acharne à démontrer l'inutilité de la religion, sorte de bouée mystique à laquelle les gens faibles se raccrochent. Il s'en moque ouvertement, en témoigne les statuettes du Christ utilisées à des fins diverses par les moines libertins...

 

De manière très avant-gardiste, il pourfend très nettement la peine de mort, et la justice en général, corrompue jusqu'à l'os. Cela ne l'empêche pas de légitimer le meurtre, qui selon lui a vocation à rétablir en partie les inégalités existantes. C'est un point de vue, on va dire.

 

Moquant la vertu, il encense le vice, issu de la nature humaine même. Il va ainsi à l'encontre de la pensée dominante et de l'hypocrisie de la société qui compromet l'homme en tant qu'individu en l'enserrant dans un carcan de valeurs étrangères à sa nature. Individualiste au possible, Sade exprime sa pensée comme un torrent, brutalement, sans s'arrêter, sauf pour  pour ouvrir une nouvelle scène dans laquelle Justine est, encore une fois, mise au supplice..

 

 

'La prière est la plus douce consolation du malheureux, il devient plus fort quand il a rempli ce devoir'

Par Shanaa - Publié dans : Classique - Communauté : Membres de Livraddict
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 23:30

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Quatrième de couverture :

 

Moins que zéro, c'est un état des lieux vertigineux, la désespérance de la jeunesse dorée californienne des années 80 qui, face à l'opulence et la surmédiatisation, ne parvient pas à trouver d'autre alternative que celle de la disparition, non pas pour vivre, mais seulement survivre.

« Moins que zéro n'a rien d'un manifeste. C'est un roman de Los Angeles, ville dure, ville sans âme. "On peut disparaître ici sans même s'en apercevoir", écrit Bret Easton Ellis. L'auteur (qui a seulement vingt ans) ne cherche d'ailleurs pas à nous dire autre chose que ce vide, ce sentiment d'une existence privée de sens. Pour autant, son récit ne tourne pas en rond. Il y a, au contraire, chez Bret Easton Ellis une extraordinaire puissance de la narration. Il nous ébranle ce petit jeune homme. Ses références, il ne faut pas aller les chercher en littérature mais plutôt du côté du rock, ce reflet clinquant de notre époque. À l'image de cette musique, Ellis est spontané, violent et son expression dépouillée. Le roman des années 80 est né. Ouf ! Il était temps. »

 

Mon avis :

 

Au préalable, je vous avoue que j'ai failli laisser tomber mon blog, et que j'ai même pensé le supprimer définitivement. Je n'ai plus vraiment le temps de rédiger des articles, mon rythme de lecture ralentit, et certains aspects de la blogosphère me font presque pitié.

 

Finalement, je me suis dit que c'était assez bête d'arrêter, et je réalise que mon blog m'a apporté pas mal de choses, avec notamment des échanges très intéressants. C'est également une manière de retranscrire de manière ordonné (ou non) mes lectures, et ainsi à mieux les cerner. D'ailleurs, je tiens à remercier tous ceux qui sont passé ici, et qui passent toujours de temps en temps. J'essaie de regarder le plus de blogs possibles même si je ne laisse pas toujours de commentaires.

 

Bref, let's go. Avec un Bret Easton Ellis. Son premier, d'ailleurs.

 

J'avais adoré American Psycho et plus particulièrement le style très détaillé d'Ellis. Ici, on en est assez loin. Mais sa patte est toujours là.

 

Clay est adolescent. Il est de retour dans sa ville natale Los Angeles après quelques temps d'études ailleurs. Il retrouve sa famille et ses anciens amis. La vie de Clay est vide et superficielle. Ellis dépeint, comme il a coutume, le manque de repères d'une jeunesse sombrant dans les affres d'un individualisme solitaire. Entre drogue, sexe, prostitution et autres joies de Los Angeles, Clay se sentira de plus en plus mal à laise face à une existence dont il sent qu'il a perdu le fil depuis bien longtemps. Entre sa copine Blair qu'il n'arrive pas à aimer, son ami Julian qui tombe dans la prostitution, ses soeurs dont il ne se souvient à peine l'âge et le nom, et qui, au demeurant, semblent porter en elle le gêne du matérialisme qui a dévoré l'Amérique des années 80, la vie relationnelle de Clay est pauvre en profondeur.

 

Ellis décrit tout cela avec un style très particulier, minimaliste et désincarné. Cela permet de rentrer dans la peau de Clay et de ressentir le vide de son existence. Je me suis vraiment senti confronté à cet abîme et j'en suis sorti quelque peu dérangé.

 

Au fil de la lecture, la superficialité de sa vie devient de plus en plus importante et les liens entre les personnages se délitent. A certains moments, on semble entrevoir des sursauts de la part de Clay et ses amis. Comme s'ils souhaitaient sortir de la vacuité de leur existence, mais qu'ils n'y parvenaient pas. Comme s'ils étaient pris dans une sorte de tourbillon de déchéance émotionnelle. Très troublant. Clay se sent de plus en plus mal à l'aise devant cela, mais ne semble pas réagir pour autant.

 

Ce premier livre de BEE, qu'il a écrit à l'âge de 20 ans, ne s'inscrit pas dans une perspective de critique de la société - même s'il peut être interprété ainsi -, mais plutôt comme un plongeon dans la vie aride d'un adolescent de LA.

D'ailleurs, BEE a déclaré lors d'une interview qu'il a accordé au Nouvel Obs que son but n'était pas de critiquer la société, et que c'était les lecteurs qui interprétaient ses livres ainsi. L'interview est longue mais très intéressante.

Elle se trouve ici : http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20100902.BIB5573/bret-easton-ellis-ce-livre-m-a-sauve.html.

 

 Elle a été donnée à la suite de la sortie de 'Suites Impériales' , faisant suite à Moins que Zéro.

 

En conclusion, j'ai beaucoup aimé ce livre. J'y pense encore trois semaines après l'avoir vu, avec un sentiment passager de vide qui me traverse à chaque fois. Troublant je vous dis.

 

Par Shanaa - Publié dans : Contemporain - Communauté : les fous de lecture
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Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 22:57

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Quatrième de couverture :

 

Faire progresser les libertés : tel est le principe d'action publique de Robert Badinter depuis que, jeune trentenaire, il a publié ses premières tribunes judiciaires dans L'Express. Sans suivre la ligne chronologique des biographies classiques ni le découpage thématique propre aux biographies intellectuelles, ce livre retrace le parcours hors du commun d'un juriste à travers tous les métiers du droit qu'il a exercés : avocat, professeur des universités, garde des Sceaux, président du Conseil constitutionnel, président d'instances arbitrales internationales, sénateur. Certains des combats de Robert Badinter - au premier rang desquels l'abolition de la peine de mort ou l'humanisation des prisons - sont désormais célèbres ; d'autres moins médiatisés - par exemple, la création de la Cour européenne de conciliation et d'arbitrage. Cet ouvrage les restitue à travers archives et témoignages d'une manière qui se veut à la fois accessible et scientifiquement rigoureuse. L'itinéraire du jeune avocat inconnu devenu sénateur des Hauts-de-Seine, est éclairé par le contexte politique de la fin de la IVe République et de la Ve République, où l'on voit en particulier comment se met en place un cercle de fidèles autour de François Mitterrand, qui conduira à la " grande alternance " de 1981. Des palais de justice au Sénat, à travers un demi-siècle d'engagements, d'espoirs déçus et de réalisations, on retrouve dans le parcours de ce juriste entré en politique le même fil directeur : la lutte pour une justice humaniste et respectueuse de l'Etat de droit

 

Mon avis :

 

Je n'ai pas pour habitude de chroniquer des ouvrages autres que des romans mais la grandeur de cette biographie et l'intérêt que j'ai éprouvé me pousse à bousculer quelques peu mes coutumes.

 

Robert Badinter est un sénateur socialiste, ancien garde des sceaux et ancien président du Conseil Constitutionnel, entre autres. Mais il est surtout connu du grand public comme celui qui s'est battu contre la peine de mort, ce qui a conduit à son abolition sous la présidence Mitterrand, en 1981.

 

Pourquoi ai je tenu à lire cette biographie? Evidemment, je connaissais Robert Badinter, du moins ses grandes fonctions et ses principaux combats, mais sans plus. J'ai eu la chance d'assister à un discours qu'il a tenu au forum des idées sur la justice organisé par le Parti Socialiste à l'Assemblée Nationale. Et j'ai été tout simplement bluffé. Je n'ai jamais vu quelqu'un parler avec autant d'éloquence. Captivant, caustique, érudit, et portant un intérêt profond pour la justice, les droits de l'homme et la liberté. Un intérêt  qui est dénoué de toute perspective électoraliste ( Peu d'ancrage électoral pour Robert Badinter dans sa longue carrière), d'ailleurs.

 

Et donc je me suis procuré cette biographie, qui détaille très minutieusement sa carrière.,La biographie suivant chronologiquement la trajectoire de l'actuel sénateur socialiste.. D'avocat d'affaires à Garde des Sceaux, de président du Conseil Constitutionnel à sénateur. La partie sur son mandat au ministère de la justice est bien évidemment la plus longue - et la plus intéressante -, et les combats menés par Robert Badinter (Abrogation des tribunaux d'exception, ouverture d'un recours devant la Cour Européenne des droits de l'hommes pour les contribuables, abolition de la peine de mort, abolition du délit d'homosexualité,...) illustrent l'idéal de justice vers lequel il essaye de tendre. Et souvent, contre l'opinion publique.

Il a d'ailleurs déclaré que si l'abolition de la peine de mort avait été soumise par référendum à l'époque, il n'y aurait eu aucune chance qu'elle soit abolie. Ce qui fait quelque peu froid dans le dos.

 

Paul Cassia, Professeur de droit à l'Université de Paris I, a effectué un travail de recherche remarquable que j'ai rarement (jamais) vu dans les diverses biographies d'hommes politiques que j'ai lu. L'ouvrage est donc extrêmement riche car l'auteur analyse en détail et de manière quasi-exhaustive le contexte et revient sur tout les points juridiques et politiques qui ont marqué la carrière de Robert Badinter. Et il y en a beaucoup. Même si les données juridiques sont vulgarisées (de fort belle manière d'ailleurs), cela peut rebuter le profane. Néanmoins, le texte reste quand même accessible.

 

J'ai pris un plaisir immense à me délecter de cette biographie extrêmement complète. Robert Badinter est un homme réellement fascinant que je trouve admirable. Il est, je trouve, au dessus des mouvances politiques ou des petits jeux électoralistes et populistes que la classe politique nous inflige tout les jours. C'est remarquable.

 

 

 

 

Par Shanaa - Publié dans : Témoignages/Biographies - Communauté : Membres de Livraddict
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Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 09:10

 

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Quatrième de couverture :

 

Le tigre blanc, c'est Balram Halwai, ainsi remarqué par l'un de ses professeurs impressionné par son intelligence aussi rare que ce félin exceptionnel. Dans son Bihar natal miséreux, corrompu et violent, Balram est pourtant obligé d'interrompre ses études afin de travailler, comme son frère, dans le tea-shop du village. Mais il rêve surtout de quitter à jamais les rives noirâtres d'un Gange qui charrie les désespoirs de centaines de générations. La chance lui sourit enfin à Delhi où il est embauché comme chauffeur. Et tout en conduisant en driver zélé, au volant de sa Honda City, M. Ashok et Pinky Madam, Balram Halwai est ébloui par les feux brillants de l'Inde récente des nouveaux entrepreneurs. L'autre Inde, celle des trente-six millions et quatre dieux, celle des castes, des cafards, des taudis, des embouteillages monstres, des affamés, des éclopés et des laissés-pour-compte de la Shining India du XXIe siècle, finit par avoir raison de son honnêteté. Car, de serviteur fidèle, Balram bascule dans le vol, le meurtre et pour finir... dans l'Entreprise... Roman obsédant écrit au scalpel et à même la chair du sous-continent, Le Tigre blanc, conte moderne, irrévérencieux, amoral mais profondément attachant de deux Indes, est l'œuvre du plus doué des jeunes auteurs indiens

 

 

Mon avis :

 

Mon dieu, que soit louée mon intention de prendre négligemment ce petit livre de littératture indienne au titre intriguant il y a de cela plus de 6 mois. Un petit chef d'oeuvre. L'auteur a d'ailleurs recu le Booker Prize en 2008.

 

La narration apparait directement assez originale. On suit la trajectoire de Balram, jeune indien qui passe  d'enfant des bidonvilles à celui d'entrepreneur aux dents rayant le parquet, à travers des lettres que celui çi écrit au Premier Ministre Chinois. Success story/Happy ending/Vu et revu vous allez me dire. Et ben, pas du tout, vous répondrais-je. Ce livre est une pépite, une véritable pépite. Ou un diamant, je ne sais pas encore.

 

Balram va d'abord passer du statut d'enfant pauvre à celui de jeune chauffeur (domestique/esclave) loyal (servile) à la charge d'une famille très aisée d'Inde, et spécifiquement d'Ashok, jeune indien revenu d'Amérique dans laquelle il a ramené quelques convictions humanistes pas forcément adaptées à sa vie de grand propriétaire indien. Rassurez vous, il ne les gardera que très superficiellement. L'ascension de Balram, plutôt professionnelle que humaine d'ailleurs, le portera plus haut que son statut de domestique. Mais à travers la trajectoire du jeune et attachant Balram, c'est l'Inde et sa face cachée que nous dépeint très bien Adiga.

 

Déjà, le style est vraiment très bon. L'auteur le qualifie lui même de 'simple'. Simple, peut être. Génial, assurément. Cynique, désenchant et presque distant par moment, ce qui accrut la force de certains passages, Adiga raconte à travers le personne de Balram les tréfonds de l'Inde avec une justesse parfaite. Pas d'outrancier ou de démesure, la narration est juste et sobre, ce qui rend la lecture encore plus percutante.

 

La trajectoire insolite de Balram permet de mettre en exergue les inégalités sociales presque immuables qui existent dans une société marquée par les traditions et notamment l'appartenance à différentes castes. Les profondes mutations affectant l'Inde, notamment depuis l'indépendance de 1947 (dont Balram moque parfois le côté salvateur), sont excellement bien retranscrites ici. Entre traditions ancestrales et modernisation presque trop rapide, les contradictions sont multiples et révélent les maux atteignant la société indienne. Une Inde divisée en deux : L'Inde des Lumières et l'Inde des ténèbres. Cette division va former un carcan dont il est très difficile de s'extraire. Balram y arrivera lui. Mais à quel prix? La fin est brute et amorale. Excellente. Mais elle marque le profond attachement de Balram à la valeur qui va lui apparaître comme étant la plus chère : la liberté. Mais au détriment d'autres.

 

Mais ce livre n'est pas politique ou historique, l'auteur n'a pas la volonté de le traiter de la sorte et il ne s'interpréte pas comme une dénonciation sans vergogne d''un système véreux. Ce livre n'est pas un ouvrage de résistance politique mais fait état de la  la retranscription exacte et sans concession d'une société sclérosée, aux travers mais aussi aux qualités, à travers la vision de l'étonnant Balram.

 

Marquant, juste et brillant. Un livre dont je me souviendrais avec émoi toute ma vie.

Par Shanaa - Publié dans : Contemporain - Communauté : Membres de Livraddict
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Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 18:45

Après avoir été taggé par Léo et Juna, je me lance. A ma manière !

 

C'est donc un tag à 7 étapes. Il s'appelle théoriquement le Tag des 7 choses, mais je n'aime pas trop le mot 'chose', alors je l'ai simplement enlevé (oui j'attache de l'importance à la sonorité des mots, le mot 'mousse' est très joli a contrario). En plus, ça fait plus mystérieux comme cela. Plus branché aussi.

 

1° Remercier la personne qui vous a donné ce prix

 

Si prix veut dire tag, je remercie donc Léo et Juna. Mais cet emploi du terme 'prix' ne me parait guère approprié. Sauf si je dois voir ce tag comme une récompense de mon dur et dilettant labeur sur ce blog.

 

2° Mettre le logo sur votre blog

 

Désolé mais je ne vois pas vraiment l'intérêt de ce point. Surtout que je ne vois pas de quel logo il s'agit.

 

3° Mettre le lien de la personne qui vous l'a envoyé

 

Already done.

 

4° Dévoiler 7 choses sur vous

 

1) Je suis insomniaque. C'est assez embêtant. Exemple n°1 : Aller à un partiel avec deux heures de sommeil dans les pattes (NB : Cela permet de réviser/apprendre le programme). Exemple n°2 : Arriver en RETARD à un partiel.

Exemple n°3 : Annuler un rendez vous pas important pour cause de nuit blanche précédente et de sommeil à rattraper (dans la journée = mauvais sommeil). Exemple n°4 : Aller à un rendez vous important la tête dans le sac et voir la pitié et l'incompréhension de votre interlocuteur.

 

Mais apparemment, une certaine 'Marguerite Duras' (je cite Wikipédia, notre bible à tous) a dit : ' L'insomnie est une expérience profonde qui creuse l'intelligence'. Ah bon, elle devait pas être insomniaque, elle.

 

2) J'ai un poil dans la main. Je repousse toujours tout au dernier moment par flemme, ce qui peut poser quelques problèmes. Exemple n°1 : Louper la date limite d'inscription à l'institut préparant le barreau. Mais bon, tout finit par s'arranger !

 

3) Je suis très bordélique. Exemple n°1 : Perdre sa carte d'identité et la retrouver 3 ans plus tard. Exemple n°2 : Perdre sa carte Vitale. Et être bordélique dans un 18 m² où la surface est une denrée rare, c'est problèmatique.

 

4) Adolescent, j'étais un peu geek. Pas mal même. J'ai même été champion de ma région, comme quoi..

 

5) Je m'interroge tout les jours sur mon avenir. Exemple n°1 : Lire des offres de stages que je ne pourrais pas effectuer avant 1 an. Mon souhait de devenir avocat diminue au fur et à mesure que les (horribles) conditions de travail me sautent aux yeux.

 

6) Je ne sais pas pourquoi, mais mon étiquette de boîte aux lettres a été arrachée 3 fois au cours de l'année. Je crois que quelqu'un ne m'aime visiblement pas.

 

7) J'aime le Martini, le café, le gin tonic, le champagne, le coca light et le jus de pomme. Quoi on s'en fout?

 

5° Nommer 7 blogs qui devront faire comme vous

 

Anneso (probabilité de réponse au tag : 68%)

Leyla (probabilité de réponse au tag : 15%)

Mina (probabilité de réponse au tag : 47%)

Lexounet (probabilité de réponse au tag : 35%)

Slay (probabilité de réponse au tag : 50%)

Soundandfury (probabilité de réponse au tag : 19%)

Evertkhorus (probabilité de réponse au tag : 12%)

 

6° Mettre le lien des 7 blogs

 

Done.

 

7° Prévenir les personnes concernées

 

Oui, enfin on a le temps non?

 

 

 

 

Par Shanaa - Publié dans : Autres - Communauté : Membres de Livraddict
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