Onze minutes [Paulo Coelho]

Publié le par Shanaa

 

C'est mon premier livre de cet auteur, qui prévient en préface que cet opus n'est pas fait pour faire rêver mais pour 'rappeler la réalité'. Je m'attendais donc à un récit choc et incisif sur la prostitution. Tel ne fut pas vraiment le cas. Le résultat est assez étonnant.

 

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Quatrième de couverture :

 

Toute jeune Brésilienne du Nordeste, Maria n'aspire qu'à l'Aventure, au grand amour. Au cours d'une semaine de vacances à Rio de Janeiro, sur la plage de Copacabana, un Suisse lui propose de devenir danseuse de cabaret à Genève. Elle voit là le début d'un conte de fées, mais la réalité sera tout autre. Maria en vient à se prostituer - sans honte, puisqu'elle apprend à son âme à ne pas se plaindre de ce que fait son corps, et qu'elle s'interdit de tomber amoureuse. Après tout, la prostitution est un métier comme un autre, avec ses règles, ses horaires et ses jours de repos. Mais le sexe - tout comme l'amour reste pour elle une énigme. Pour découvrir le sens sacré de la sexualité, Maria devra trouver le chemin de la réconciliation avec elle-même.

 

Mon avis :

 

Après avoir lu plusieurs critiques sur le net, je me suis rendu compte que les avis étaient assez divergents et que tout le monde n'avait pas la même interprétation de ce livre. Voila la mienne. Elle est évidemment contestable et il est possible que je n'en ai pas saisi toutes les facettes.

 

Très difficile de donner un avis compact sur ce livre qui est assez riche. Voila une division qui permet d'aborder les points majeurs du roman. 

 

1) Ce roman est tout d'abord un récit sur la prostitution.

 

Même si l'auteur va plus loin, c'est le thème principal du livre. On suit la trajectoire de Maria, jeune brésilienne  dont l'histoire commence dans un coin perdu. On assiste à sa découverte du sexe (notamment solitaire) et de l'amour. Sur un ton très léger qui nous berçerait presque. Vient ensuite sa découverte de la réalité. Après ses vacances à Rio, elle suit un homme en Suisse afin de danser la Samba dans des clubs helvêtes. Avec toujours le même point de vue naif et volontaire de Maria, qui pourrait se résumer au début  à ' Pourquoi ne pas tenter?'(Avec le sourire rêveur en prime, s'il vous plaît).

 

Le ton léger employé par Coelho se poursuit à l'entrée dans le monde de la prostitution de la jolie Maria. Maria qui va dépersonnaliser l'acte sexuel afin de ne pas blesser son âme. Ici, le but n'est pas tant de dresser un portrait sordide de cet univers (Sinon, l'auteur aurait choisi un pays autre que la Suisse - la prostitution étant règlementée très strictement chez nos voisins adeptes des montres comme le rappelle Coelho) mais plutôt de nous accompagner dans la quête que mène cette jeune prostituée pour se trouver elle même. Et atteindre le bonheur.

 

Evidemment les us et les coutumes du monde de la prostitution sont ici envisagées - toujours sous le point de vue de Maria, et même si le récit ne se veut pas sordide, Coelho ne décrit absolument pas un monde rose et remplis de bonbons. Il décrit un univers dans lequel personne n'est heureux et où la solitude dégouline des murs.

 

Ce qui est intéréssant ici c'est que l'auteur ne porte pas une critique sur l'univers de la prostitution (il n'en fait évidemment pas non plus l'apologie) mais essaie de donner au personnage de Maria les ressources nécessaires pour tirer des enseignements et une certaine force de son passage dans ce monde. C'est très bien retranscrit et cela change des récits traditionnels sur le sujet.

 

2) Ce roman est un récit sur le sexe.

 

Le sexe. Ce thème est également présent de manière assez importante dans le roman.. On y est plongé très vite du fait des premiers émois de Maria (Ou comment l'utilisation d'un bidet peut revêtir une connotation sexuelle puissante et insoupçonnée). Les scènes érotiques sont bien présentes et sont restranscrites de manière excellente. Elles sont justes et jamais vulgaires. Je pense notamment à une scène sadomasochisme vers la fin de l'ouvrage pour laquelle l'auteur a le mérite de ne jamais sombrer dans le vulgaire et de rester dans un érotisme à la fois fort et doux.

 

A l'inverse, l'auteur traite également de la dualité sexe/amour. L'amour étant aussi très présent ici, je l'aborderais en fin de critique.

 

 

3) Ce roman est un récit sur l'accomplissement de soi.

 

Comment arriver au bonheur?

 

Il semblerait que Coelho privilégie la voie de la liberté. Liberté que ressent Maria lorsqu'elle se prostitue pour la première fois - c'est la première fois qu'elle parle de vrai bonheur même si ce moment est fugace. Ou lorsqu'elle subit sa première soumission. Mais au delà de l'aspect sexuel, l'auteur, à travers le chemin tortueux que prend Maria dans la prostitution, nous dit  implicitement que le dépassement de soi, de ses limites ainsi que le contrôle de son destin et le fait d'assumer ses choix sont des moyens d'accèder à la liberté et ainsi au bonheur.

 

En ce sens, j'ai l'impression (impression qui je crois n'est pas partagée) que ce roman est profondément féministe. Rappelons en effet que l'auteur est brésilien, le Brésil étant un pays progressiste notamment sur le plan des moeurs. L'auteur pousse les femmes à sortir de leur routine, à prendre des risques et cela quitte à faire les mauvais choix. Afin de se trouver. Le sexe pouvant d'ailleurs constituer un des moyens d'y arriver. Ce point de vue apparait notamment à la fin du livre avec le passage sur la seule amie de Maria, mais est latent dans tout le récit.

 

4) Ce que je n'ai pas aimé.

 

Tout d'abord, ce roman traite de l'amour de manière prétendumment philosophique. Et le résultat est mauvais. Des phrases clichés ( Parmis elles : ' On ne possède pas l'autre ' , ' Nous ne nous somme pas déshabillés et je ne suis pas rentré en toi mais nous avons fait l'amour ' et j'en passe). La réflexion pseudo-philosophique de Maria sur l'amour (qu'elle développe dans son journal intime dont les passages sont présents dans le livre - fort heureusement de manière résiduelle) est inutile et hormis enfonçer des portes ouvertes, je n'en ai pas vu l'intérêt. Du mauvais Gaarder en quelque sorte.

 

 

La fin est également un peu trop prévisible. Et sans vouloir entrer dans les détails, un passage important à la fin est un peu trop facile et ne correspond à mon avis pas à la réalité. Il ne faut pas non plus donner trop de légéreté au récit sinon il y a risque de tomber dans l'incohérence.

 

5) Conclusion

 

Voila mon analyse à chaud de ce livre. Qui se lit vite d'ailleurs. Même si il ne m'a pas transcendé, il est assez intéréssant et l'on est happé dans le monde de Maria. Maria qui est d'ailleurs très attachante malgré ses réflexions philosophiques sur l'amour. De plus le style est agréable et fluide, l'auteur a une véritable qualité d'écriture, ce qui va peut être me pousser à lire d'autres oeuvres.

 

Un bon roman sur la vie d'une jeune prostituée en quête d'elle même.

 

 

 

 

 

Publié dans Contemporain

Commenter cet article

Liloochat 29/10/2010 01:47


Non chuuuuuuuut faut pas le dire :P


Liloochat 29/10/2010 01:16


je regarderais demain si il y est a la bibliothèque :p


Shanaa 29/10/2010 01:21



haha je ne dirais pas pourquoi tu le veux :p



Lily 29/09/2010 00:16


I know I know ;D


Lily 29/09/2010 00:09


Bien sur que si !
C'est sur que dans un livre traitant de la prostitution, il n'y a pas du tout de "risque" que le livre parle de sexe ! =D


Shanaa 29/09/2010 00:13



Eh! Je pensais pas que les scènes allaient être détaillées et erotiques. Je pensais qu'il y en aurait des brèves mais 'chocs' comme traditionnellement, c'est pour ca que le roman est différent la
:p Namého :p


t'as dla chance d'avoir un bel avatar toi :)



Lily 29/09/2010 00:05


Oui oui ! =D
C'est évident ! =P


Shanaa 29/09/2010 00:06



Haan mais tu me crois même pas en plus ! Mr Shanaa est pas content :D