Moins que zéro [Bret Easton Ellis]

Publié le par Shanaa

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Quatrième de couverture :

 

Moins que zéro, c'est un état des lieux vertigineux, la désespérance de la jeunesse dorée californienne des années 80 qui, face à l'opulence et la surmédiatisation, ne parvient pas à trouver d'autre alternative que celle de la disparition, non pas pour vivre, mais seulement survivre.

« Moins que zéro n'a rien d'un manifeste. C'est un roman de Los Angeles, ville dure, ville sans âme. "On peut disparaître ici sans même s'en apercevoir", écrit Bret Easton Ellis. L'auteur (qui a seulement vingt ans) ne cherche d'ailleurs pas à nous dire autre chose que ce vide, ce sentiment d'une existence privée de sens. Pour autant, son récit ne tourne pas en rond. Il y a, au contraire, chez Bret Easton Ellis une extraordinaire puissance de la narration. Il nous ébranle ce petit jeune homme. Ses références, il ne faut pas aller les chercher en littérature mais plutôt du côté du rock, ce reflet clinquant de notre époque. À l'image de cette musique, Ellis est spontané, violent et son expression dépouillée. Le roman des années 80 est né. Ouf ! Il était temps. »

 

Mon avis :

 

Au préalable, je vous avoue que j'ai failli laisser tomber mon blog, et que j'ai même pensé le supprimer définitivement. Je n'ai plus vraiment le temps de rédiger des articles, mon rythme de lecture ralentit, et certains aspects de la blogosphère me font presque pitié.

 

Finalement, je me suis dit que c'était assez bête d'arrêter, et je réalise que mon blog m'a apporté pas mal de choses, avec notamment des échanges très intéressants. C'est également une manière de retranscrire de manière ordonné (ou non) mes lectures, et ainsi à mieux les cerner. D'ailleurs, je tiens à remercier tous ceux qui sont passé ici, et qui passent toujours de temps en temps. J'essaie de regarder le plus de blogs possibles même si je ne laisse pas toujours de commentaires.

 

Bref, let's go. Avec un Bret Easton Ellis. Son premier, d'ailleurs.

 

J'avais adoré American Psycho et plus particulièrement le style très détaillé d'Ellis. Ici, on en est assez loin. Mais sa patte est toujours là.

 

Clay est adolescent. Il est de retour dans sa ville natale Los Angeles après quelques temps d'études ailleurs. Il retrouve sa famille et ses anciens amis. La vie de Clay est vide et superficielle. Ellis dépeint, comme il a coutume, le manque de repères d'une jeunesse sombrant dans les affres d'un individualisme solitaire. Entre drogue, sexe, prostitution et autres joies de Los Angeles, Clay se sentira de plus en plus mal à laise face à une existence dont il sent qu'il a perdu le fil depuis bien longtemps. Entre sa copine Blair qu'il n'arrive pas à aimer, son ami Julian qui tombe dans la prostitution, ses soeurs dont il ne se souvient à peine l'âge et le nom, et qui, au demeurant, semblent porter en elle le gêne du matérialisme qui a dévoré l'Amérique des années 80, la vie relationnelle de Clay est pauvre en profondeur.

 

Ellis décrit tout cela avec un style très particulier, minimaliste et désincarné. Cela permet de rentrer dans la peau de Clay et de ressentir le vide de son existence. Je me suis vraiment senti confronté à cet abîme et j'en suis sorti quelque peu dérangé.

 

Au fil de la lecture, la superficialité de sa vie devient de plus en plus importante et les liens entre les personnages se délitent. A certains moments, on semble entrevoir des sursauts de la part de Clay et ses amis. Comme s'ils souhaitaient sortir de la vacuité de leur existence, mais qu'ils n'y parvenaient pas. Comme s'ils étaient pris dans une sorte de tourbillon de déchéance émotionnelle. Très troublant. Clay se sent de plus en plus mal à l'aise devant cela, mais ne semble pas réagir pour autant.

 

Ce premier livre de BEE, qu'il a écrit à l'âge de 20 ans, ne s'inscrit pas dans une perspective de critique de la société - même s'il peut être interprété ainsi -, mais plutôt comme un plongeon dans la vie aride d'un adolescent de LA.

D'ailleurs, BEE a déclaré lors d'une interview qu'il a accordé au Nouvel Obs que son but n'était pas de critiquer la société, et que c'était les lecteurs qui interprétaient ses livres ainsi. L'interview est longue mais très intéressante.

Elle se trouve ici : http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20100902.BIB5573/bret-easton-ellis-ce-livre-m-a-sauve.html.

 

 Elle a été donnée à la suite de la sortie de 'Suites Impériales' , faisant suite à Moins que Zéro.

 

En conclusion, j'ai beaucoup aimé ce livre. J'y pense encore trois semaines après l'avoir vu, avec un sentiment passager de vide qui me traverse à chaque fois. Troublant je vous dis.

 

Publié dans Contemporain

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Commenter cet article

Karine:) 26/12/2014 20:36

Ce livre là m'avait laissé une terrible impression de vide... j'ai été mal des semaines après. Ça parle, je pense.

Nathalie 09/02/2013 17:10

ce serait dommage d'arrêter...
je met un lien vers ton article sur mon blog

Jostein 12/01/2012 13:26

Surtout n'arrête pas ton blog et bon anniversaire

Cess 09/08/2011 23:19


Allez Shanaa, reviens-nous :D


charmant-petit-monstre 19/07/2011 14:46


Comment ? Tu as failli quitter la blogosphère ?? Moi aussi, j'ai très peu de temps, et je dois mettre une critique tous les deux mois, mais la blogosphère apporte tellement aussi!
Je suis soulagée que tu es changé d'avis.

Fin de la parenthèse.

Sinon, Bret Easton Ellis m'a toujours fait un peu peur. Il fait parti de ces auteurs un peu déjantés comme Ellroy. Des types qui ont quelque chose qui tourne pas super rond dans leur tête. Et puis,
j'avoue qu'après avoir vu American Psycho en film, m'a un petit peu glacée. Mais je ne dis pas non. Jamais.


Shanaa 06/08/2011 14:15



Je n'ai plus de temps de toute manière, c'est bien dommage ! Et moins de motivation aussi, mais les deux vont ensemble.


Il en faut du temps pour tenir un jour un blog et aller voir ceux des autres.