Lundi 30 mai 1 30 /05 /Mai 23:07

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Quatrième de couverture :

 

Situé dans les montagnes Rocheuses, l'Overlook Palace passe pour être l'un des plus beaux lieux du monde. Confort, luxe, volupté... L'hiver, l'hôtel est fermé. Coupé du monde par le froid et la neige. Alors, seul l'habite un gardien. Celui qui a été engagé cet hiver-là s'appelle Jack Torrance : c'est un alcoolique, un écrivain raté, qui tente d'échapper au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, et leur enfant, Danny. Danny qui possède le don de voir, de ressusciter les choses et les êtres que l'on croit disparus. Ce qu'il sent, lui, dans les cent dix chambres vides de l'Overlook Palace, c'est la présence du démon. Cauchemar ou réalité, le corps de cette femme assassinée ? ces bruits de fête qui dérivent dans les couloirs ? cette vie si étrange qui anime l'hôtel ? Un récit envoûtant immortalisé à l'écran par Stanley Kubrick.

 

Mon avis :

 

Probablement l'un des King les plus connu du fait de son adaptation par Kubrick. Adaptation très partielle d'ailleurs.

 

Ce livre m'avait vraiment terrifié étant adolescent. Je me rappelais notamment de la scène de la chambre 217 qui m'avait juste scotché. A la relecture, moins de frissons. Mais mon dieu, quelle tension tout le long. Probablement le livre de King le plus stressant et le plus oppressant.

 

La famille Torrance navigue en eaux troubles. Jack, le père, s'est fait renvoyé de son dernier emploi d'enseignant pour un geste incontrôlé de violence. Le couple qu'il forme avec Wendy a également connu quelques difficultés, et a failli divorcer. Mais ils ne l'ont pas fait, au grand soulagement de leur fils Danny. Danny a 5 ans et a le Shining. Un don extra-sensoriel qui lui permet de voir des choses. Des bribes d'avenir par exemple. Ou bien les fantômes d'un passé sulfureux.

 

C'est dans ce contexte très particulier que la famille Torrance va s'installer pour l'hiver à l'Overlook, hôtel perdu au milieu des Rocheuses enneigées, afin que Jack y assure le rôle de gardien. Un hôtel au passé brumeux.

 

Ce qui est vraiment génial ici, c'est qu'on sait dès le début que tout cela finira mal. Que ce huis clos dans cet hôtel isolé va détruire cette famille. La pression et la tension sont latentes tout le long et s'accroissent évidemment au fil des chapitres. Ce stress est décuplé par le fait qu'on s'attache au fur et à mesure aux trois membres de la famille. Surtout à Danny d'ailleurs. L'appréhension d'un dénouement final sans aucun doute tragique monte donc en conséquence. Ce qui rend la lecture totalement addictive.

 

L'hôtel dévoile ses secrets et son influence néfaste sur la famille Torrance va vite opérer. Surtout sur Jack. Stephen King renoue par ce livre avec un de ses vieux démons, l'alcoolisme. La légende dit d'ailleurs qu'il a décidé d'écrire Shining après que son fils ait détruit inopinément un de ses manuscrits, ce qui donna à l'auteur l'envie de le tuer. Au sens figuré évidemment.

 

A l'instar de Simetierre, King traite ici de la destruction du cocon familial. Comme quoi, l'aspect autobiographique n'est jamais loin. Comme Louis Creed, Jack Torrance sombre petit à petit dans les méandres de la folie. Cette folie est magnifiquement interprétée par Jack Nicholson dans le film éponyme de Kubrick.

 

Stanley Kubrick a en effet adapté Shining en 1980. Un film excellent, que j'ai voulu revoir juste après avoir lu le livre. Et même s'il est génial, il est diamétralement différent du livre. Ce qui a poussé King à refuser de voir son nom apparaître au générique. Par exemple, le personnage de Wendy est radicalement différente dans le film. Douce et séduisante dans le livre, elle est excentrique et laide dans le film. La fin est aussi différente. La bande sonore est cependant juste bluffante.

 

En résumé. Il faut voir le film mais en gardant bien à l'esprit qu'il ne s'inscrit pas totalement dans l'oeuvre de King.

Par Shanaa - Publié dans : Stephen King - Communauté : L'Univers de Stephen King
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Dimanche 22 mai 7 22 /05 /Mai 02:48

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Quatrième de couverture :

 

En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre… De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d’un chagrin d’amour. Un jour, pourtant – enfin ! –, ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s’imposent une règle : reconnaître l’autre qu’ils n’ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler…

 

Mon avis :

 

Arrivé à 80 pages du livre, je me disais 'bon, c'est lent et téléphoné, et ils sont un peu prétentieux les deux là'. Oui, mais finalement, c'est quand même très bien. Jugement initial totalement révisé.

 

La preuve, j'ai lu le reste d'une traite alors que je comptais me remettre sagement de mon manque chronique de sommeil durant ses derniers jours teintés d'examens.

 

Je ne ferais pas l'affront de refaire un résumé que vous avez du tous lire des milliers (millions?) de fois, vu le succès que semble connaître ce livre sur la blogosphère.

 

Je pensais que ce livre allait titiller mon côté romantique. Que nenni. Il a titillé mon côté cynique et quelque peu désenchanté plus qu'autre chose. En effet, l'amour est  secondaire ici, même s'il est latent. Enfin, à voir certains avis je pense que je vais être quelque peu esseulé dans cette interprétation, mais tant pis. Par exemple, je m'en contrefiche que Leo et Emmi finissent ensemble, couchent ensemble, ou même se rencontrent. Ce n'est pas ça qui m'a intrigué et intéressé ici. D'ailleurs, je ne pense même pas qu'ils s'aiment réellement et concrètement.

 

Alors oui, les personnages sont intéressants. Même si j'ai préféré Emmi et son égocentrisme prononcé, son arrogance et ses sarcasmes, sa carapace et ses faiblesses. Je l'ai d'autant plus préféré que c'est pour elle que j'ai ressenti le plus d'empathie. Peut être parce j'ai l'impression qu'elle me ressemble un peu, ou parce qu'au final, j'éprouve une compassion énorme pour elle. Une certaine tristesse aussi.

 

Les joutes sont plaisantes aussi. Quoiqu'un peu longuettes (Oui je sais, ce mot n'existe pas) au début. La confrontation des egos, j'aime.

 

Evidemment, cela ne serait pas drôle s'il n'y avait pas d'obstacles à cet échange de mail anodin au début et qui devient de plus en plus essentiel dans la vie de chacun de nos deux égocentriques. D'ailleurs, au lieu de parler d'obstacles, je devrais plutôt parler d'Everest.


Et c'est ça qui rend ce livre tellement vrai, tellement cynique et beau à la fois. C'est ce qui m'a plu ici. Le côté désenchanté des échanges qui devenaient de plus en plus passionés et donc dangereux. Le besoin d'idéal et de nouveauté aventureuse pour nous sortir de la monotonie de la vie, qui ne le ressent pas, quitte à souffrir? Certains le vivent. Certains veulent le vivre, pour ressentir quelque chose, c'est humain. Et c'est magnifiquement décrit ici, l'auteur étant clairement très intelligent. Emmi et Leo le disent plusieurs fois d'ailleurs. Ce besoin de rêver, qui procure autant de mal que de bien mais qui fait vivre. Et le retour brutal à la réalité.

 

La fin se justifie d'elle même et je l'ai énormément savouré. Elle était juste. Logique. Et tellement vraie.

 

Je ne compte d'ailleurs pas lire le tome 2. Je préfère rester sur cette fin, qui me satisfait pleinement même si je me sens toujours mélancolique à l'heure ou j'écris ces quelques lignes.

 

Pour une fois, je ne relirais pas ma chronique. Je préfère ne pas prendre le risque de changer ne serait ce qu'une virgule de mon ressenti sur le coup.

Par Shanaa - Publié dans : Contemporain - Communauté : Membres de Livraddict
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Samedi 21 mai 6 21 /05 /Mai 20:05

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Quatrième de couverture :

 

Une société meilleure est-elle possible ? Maintenant ? . » C’est en tout cas ce que pensait le sénateur Aristote avant d’être retrouvé sauvagement assassiné dans la célèbre villa Arabe, quelques jours à peine après l’annonce de la création du PIB, le nouveau Parti international du bien-être.

Dans l’agitation qui suit la mort du vieux sénateur, candidat à l’élection présidentielle, la fine équipe du « 36, quai des Orfèvres », dirigée par le commissaire Delajoie, est aussitôt lancée sur la trace des meurtriers. Quelles relations pouvait bien entretenir le politicien avec un joueur invétéré de poker et un jeune trader londonien, eux aussi retrouvés à l’état de cadavres ? Quels puissants intérêts menaçait donc Aristote, celui que tous nommaient « L’utopiste du Luxembourg » ? Qui pouvait avoir peur des propositions originales énoncées dans son programme et des changements radicaux de société qu’elles auraient engendrés ?

Traquant la main invisible du Marché, l’équipe du commissaire Delajoie entreprend alors un voyage insolite au coeur de l’économie politique. D’Adam à Lycurgue, de Sismondi à Gesell, d’Owen à Proudhon, de Veblen à Duboin, de Keynes à Sen, autant de témoins improbables qui aideront pourtant les policiers à comprendre le mobile des meurtres et à retrouver le ou les coupables.

« Lire John Marcus est un acte de citoyen du monde »
Amadou LAMINE SALL, Grand prix de l'Académie française

 

Mon avis :

 

Tic Tac Tic Tac. Eh oui, la date limite pour rendre ma chronique sur cet essai économico-policier arrive dans quelques heures. Heureusement que je suis fidèle à mes engagements. D'autant plus quand le livre est intéressant.

 

Je commence par remercier Livraddict et les éditions l'Autre édition pour l'obtention de ce partenariat.

 

Très curieux de découvrir ce que recouvrait la notion d'essai économico-policier, c'est avec une totale innocence que j'ai commencé ce livre en n'ayant aucune idée de comment la notion de thriller pouvait s'intercaler avec des développements d'économie politique. Le résultat est vraiment pas mal.


Les trois premiers chapitres du livre mettent en scène l'assassinat subtil d'un joueur de poker et d'un trader, ainsi que celui beaucoup moins subtil du sénateur Aristote. La mort de ce dernier suscite de nombreuses interrogations au 36 quai des Orfèvres. Pourquoi cet émoi?

 

Car notre très cher Aristote, qui malgré sa mort occupe une place très importante dans l'ouvrage, proposait dans un programme à vocation présidentielle des mesures novatrices afin de sortir du carcan de l'immobilisme dont souffre la politique actuelle. En clair, Aristote torpille le dogme de l'économie libérale qui guide de manière excessive les décisions politiques.

 

C'est donc dans le cadre de l'enquête sur la mort du sénateur que la brigade va s'intéresser à ses idées et à sa vision de l'économie. L'articulation thriller/économie est donc très cohérente.

 

Soyons très clair, le côté économie l'emporte sur le côté thriller dans ce premier tome. Il le sera moins - apparemment - dans le second, mais John Marcus a du estimer nécessaire de poser les bases de plusieurs éléments de la théorie économique pour faciliter la compréhension du lecteur par la suite.

 

John Marcus entend donc ici détruire le dogme de l'économie de marché résultant notamment de la théorie de la main invisible d'Adam Smith.


Plusieurs points sont à retenir ici.

 

1) Tout d'abord, le style de John Marcus est frappant d'intelligence. Il est très abouti mais néanmoins très accessible, notamment en ce qui concerne la partie économique.

 

Il passe d'exemples simplifiés à des théories de certains auteurs en passant par des statistiques afin d'expliquer les rudiments de l'économie politique. Evidemment, c'est souvent vulgarisé mais en 400 pages, l'auteur ne peut guère faire autrement.

 

2) La combinaison polar/économie est vraiment une très bonne idée afin d'intéresser certains lecteurs à un domaine souvent méconnu et assez inacessible. Néanmoins, la partie thriller a été mis trop souvent en second plan, ce qui est un peu dommage. Mais le style de Marcus est tel qu'on sent de manière flagrante le grand potentiel de cette partie, avec des personnages intéressants et une maitrise certaine des us et des coutumes de la police. Ce qui rend ce roman très crédible.

 

3) La crédibilité est accrue par la très grande culture économique de John Marcus (Mais d'ailleurs, qui se cache derrière ce pseudo?). L'ouvrage est en effet très documenté, que ce soit en statistiques diverses ou dans l'explication de la théorie de certains auteurs. Pour des néophytes en économie politique, cela reste accessible tout en étant fourni. La parfaite combinaison en fait.

 

De plus, il dénonce la prévalence qu'occupe la science économiquee dans les décisions publiques, à très juste titre. En effet, comment une science; dont les théories sont construites sur des modèles abstraits et par conséquent difficilement applicables dans la vie réelle et qui ne réunit aucun consensus au sein des économistes, peut elle guidé à ce point l'action publique? Comme le dit justement Marcus, la science économique doit être un instrument de l'action des politiques publiques, et non l'inverse. L'auteur dénonce également les dérives de la finance.

 

4) John Marcus semble se présenter ici un peu comme un Stéphane Hessel. Il tient à réveiller les consciences des citoyens sur des problèmes d'une importance capitale et globale. Son but est, je le crois, de sensibiliser les lecteurs potentiels à l'économie, et c'est un objectif très louable.

 

Néanmoins, quelque chose m'a dérangé dans l'attitude du sénateur Aristote. En effet, il dénonce, à coup de statistiques implacables et très intéressantes concernant les inégalités sociales, les dérives du capitalisme et souhaite un changement total de paradigme. On sent dans ses propositions, qui paraissent difficilement réalisables même si l'intention est louable, une démagogie populiste certaine que je n'ai pas fortement apprécié. Mais bon.

 

En bref, malgré un côté polar pas assez exploité mais prometteur, un premier tome que je recommande à tout ceux qui souhaitent découvrir la sphère économie en l'alliant avec le plaisir de la lecture d'un style abouti.

 

Par Shanaa - Publié dans : Essai - Communauté : Membres de Livraddict
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Vendredi 20 mai 5 20 /05 /Mai 18:35

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Quatrième de couverture :

 

Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance. Katniss doit payer les humiliations qu'elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair: Katniss n'est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses amis et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir. Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébellion. Quel que soit le prix à payer.

 

Mon avis :

 

Suzanne Collins a réussi l'exploit de faire un tome 2 aussi abouti que son tome 1 - voir plus selon certains avis dont le mien -, a t'elle réussi l'exploit de faire un tome 3 encore mieux que les précédents?

 

Et bien, je dirais que non. Attention, ce tome est néanmoins très bon, mais je l'ai trouvé en deça du tome 2 et même du tome 1.

 

Au niveau de l'ambiance, c'est pourtant excellent. Très noir, encore plus que les précédents. Ce côté sombre contraste quelque peu avec la catégorie jeunesse dans laquelle est classée la saga.

 

Toujours plus de morts, de désespoir, de blessures, de désenchantement et de fatalisme. Quand je vous dis que c'est noir... Ce côté là m'a énormément plu. L'évolution du personnage de Katniss symbolise clairement le virage de la noirceur pris par Collins - bien entamé dans les précédents tomes ceci dit.

 

Katniss poursuit sa trajectoire de geai moqueur et sombre dans les abîmes de la vengeance viscérale envers le président Snow. La pression d'être un symbole - malgré elle - de la résistance, ce désir de vengeance ainsi que la pression accumulée par son vécu lors des deux précedents tomes se conjuguent afin de former un abysse de solitude dans lequel elle ne peut s'extraire. Cynique et désabusée, Katniss ne croit plus en grand chose. Je l'ai trouvé presque déshumanisée. La discussion entre Peeta et Gale est d'ailleurs assez éclairante sur le sujet. Mais comment la blâmer? L'évolution de son personnage et la profondeur qu'elle a acquis au fur et à mesure des tomes forment  probablement l'une des qualités principales de la saga. Charismatique à souhait et pas niaise pour deux sous, Katniss est une héroïne parfaite. Son côté noir la rendant encore plus attractive à mes yeux.

 

Je suis quelque peu déçu de la trajectoire de certains personnages secondaires qui n'ont été que peu mis en avant, je pense notamment à Haymitch que j'aimais beaucoup. L'utilisation de certains protagonistes qui m'avaient enchanté dans le tome 2 m'a également un peu laissé sur ma faim, notamment concernant Finnick et Peeta. Même si je fais partie toujours de la team Peeta ! J'aime son éloquence, sa clairvoyance et son intelligence.

 

Je m'attendais aussi à ce que le coté politique soit plus exploité, notamment concernant un éventuel historique de l'ascension de Snow et du Capitole. Même si ce tome 3 est plus politique que les autres du fait qu'il n'y ait pas de jeux, ce côté la aurait pu être un peu plus exploité. Mais bon, ce n'est qu'un léger accroc.

 

Sur le coup, je suis resté assez dubitatif sur la fin, que je trouvais assez prévisible. Ceci dit, elle colle totalement à l'esprit du roman et a posteriori je la trouve vraiment réussie et elle pose un parfait point d'orgue à la saga.

 

Pour conclure sur ce tome, encore un très bon opus malgré quelques légers bémols.

 

Concernant la saga, elle reste excellente et très aboutie. Un vrai plaisir de lecture que m'a fait découvrir Cécile.

 

 

 

Par Shanaa - Publié dans : Young adult/Bit-Lit - Communauté : Membres de Livraddict
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Lundi 16 mai 1 16 /05 /Mai 00:43

 

 

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Quatrième de couverture :

 

"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

 

Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai."

 

Mon avis :

 

Au regard des critiques florissantes sur le web, il est très net que l'élégance du hérisson est un livre qui clive. Soit on déteste, soit on est enchanté.

 

La lecture des commentaires sur ce livre est très onctueuse. Entre les envolées lyriques de certains et les condamnations sans concession d'autres, pas de trace pour la mesure. Je cite un commentaire que j'ai trouvé plutôt drôle : ' Les parisiens adoreront cette histoire pédante, lourdingue en philosophie rutilante. Un livre totalement inutile qu'il ne faut surtout pas acheter et encore moins lire'.

 

Je ne peux pas simplement dire que j'ai aimé ce livre. Ce livre m'a littérallement envahi et transpercé. Je me suis senti totalement happé par le style très particulier et les tribulations de Renée et Paloma.

 

Renée, la cinquantaine et concierge de son état, officie dans un immeuble bourgeois tendance conservatrice au 7 rue de Grenelle. Autodidacte, elle cache son érudition aux habitants de l'immeuble qui représentent le haute couche parisienne, berceau de la reproduction sociale. Cela va du conseiller d'Etat à l'ancien ministre, en passant par le diplomate. Petite anecdote : Au 7 rue de Grenelle, il n'y a en réalité pas d'immeuble mais une boutique Prada.

 

Cinq étages au dessus, se trouve Paloma. Jeune surdouée de 12 ans qui, face à l'absurdité de la vie et du comportement de sa famille, envisage de se suicider.

 

Tout change lorsqu'un nouvel habitant fait son arrivée dans l'immeuble, et verra clair dans le jeu de Renée. Cette arrivée entrainera alors une renaissance de nos deux âmes soeurs dans la solitude de leurs vies.

 

Renée se cache de son érudition pour ne pas être déranger. Férue de Japon, d'Art, de littérature et de philosophie, elle analyse avec une sorte de cynisme détaché les comportements de ses voisins bourgeois. De même pour Paloma envers sa famille. Des personnages profonds, drôles, atypiques.

 

J'ai eu beaucoup d'appréhension avant de commencer cette lecture. Beaucoup de personnes disaient ce livre prétentieux, je me pose ici en parfaite contradiction, je l'ai trouvé au contraire très humble. Humble car l'auteure tend à dépasser les conventions sociales qui règnent en maître dans cette sphère si particulière qu'est la haute bourgeoisie par l'intermédiaire du personnage de Renée. L'élégance du hérisson ne se veut sans doute pas satire sociale, mais c'est bien la haute bourgeoisie qui est subtilement vilipendée ici.

 

Le style est sophistiqué et devient raffiné passé par le premier quart du roman. Très élégant, je ne l'ai pas trouvé du tout pompeux et, passé les premières dizaines de pages, on se laisse porter par la plume exquise de Barbery.

La langue française a la chance de posséder un vocabulaire varié et riche, il serait dommage de s'en priver. L'importance de la langue est d'ailleurs mis en avant dans le livre par Paloma, qui s'interroge sur la place primordiale qu'occupe le maniement de la langue française dans le monde actuel et on y décele une légère pique aux politiques en général.

 

" Les hommes vivent dans un monde où ce sont les mots et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c'est la maîtrise du langage".

 

Quant aux réflexions philosophiques, elles ne constituent pas le centre de l'oeuvre et ont un aspect ludique qu'on peut rapprocher du Monde de Sophie, même si elles sont trop brèves pour être pleinement pédagogiques.

 

La fin m'a fait couler des larmes si naturelles que je n'en fut même pas étonné. Outre la conclusion dramatique, c'est le fait de quitter des personnages si atypiques et une plume si particulière qui m'a mis dans une espèce de transe tragique.

 

Et comment ne pas apprécier une femme qui nomme son chat - obèse, comme le mien - Léon en hommage à l'auteur russe éponyme?

 

"Nul besoin de voyager ; m'en aller rejoindre les sphères de ma mémoire littéraire suffit à l'affaire. Car quelle plus noble distraction, n'est ce pas, quelle plus distrayante compagnie, quelle plus délicieuse transe que celle de la littérature?"

 

L'élégance du hérisson est donc un livre léger et profondément humain. Une fable presque trop courte, d'une grande beauté.

 

Par Shanaa - Publié dans : Contemporain - Communauté : Membres de Livraddict
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Mercredi 11 mai 3 11 /05 /Mai 05:32

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Quatrième de couverture :

 

Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s'agit surtout d'une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d'une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n'hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l'aube des Jeux de l'Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss...

 

Mon avis :

 

Etrangement, j'ai lu le tome 1 il y a de ça plus de 5 mois et je n'ai jamais éprouvé un besoin irrépressible de lire ce second tome. Pourtant, il est clair que le premier opus est d'un très bon cru. Le concept même des jeux me passionnait au plus haut point. Pour le reste, c'est à dire le contexte 'politique' autour, il était encore peu travaillé et donc n'avait pas retenu plus que ça mon attention. Et je me disais aussi, avec une petite pointe de mépris peut être, que je ne trouverais pas mon compte sur ce point dans un livre jeunesse.

 

Ce second tome peut être divisé en trois parties. La première concerne directement l'après Hunger-Games, la seconde est plutôt relative au contexte politique qui subodore une révolution latente. La dernière partie est consacrée aux jeux de l'expiation.

 

Je l'admet sans concession, ce tome m'a enchanté. Je l'ai trouvé un ton au dessus du premier, qui était déjà très bon. Le contexte politique est présent tout le long de manière sous-jacente et fait même l'objet de développements très intéressants. On a une vision plus approfondie du système et je dois dire que tout est très cohérent et bien mené.

 

Comme pour le premier tome, le point fort de cet opus - et probablement du dernier - est son effet addictif. Il est tout simplement impossible de le reposer. Personellement, je l'ai lu en 3 heures et cela m'a causé une nuit blanche. Malgré la fatigue, je ne pouvais pas ne pas savoir la suite.

 

Niveaux personnages, Collins a réussi à me réconcilier avec Peeta. Ce qui est un exploit tant que je le haïssais dans le premier tome. Plus digne, plus intelligent, moins horripilant, Peeta ne mérite plus le goudron et les plumes. Ceci dit, je ne suis pas très friand du triangle amoureux Peeta/Katniss/Gale. Enfin, il faut bien faire plaisir aux minettes! Non, ne me lynchez pas.

 

Je trouvais que les personnages secondaires n'étaient pas assez fouillés lors du premier tome, ce défaut est gommé ici à mon plus grand plaisir. Les personnages déjà présents dans le tome 1 sont approfondis (notamment Haymitch - que j'aime beaucoup), et les nouveaux sont intéressants et surtout mis en avant. Je pense notamment à Finnick, qui me plait beaucoup. Et je dois pas être le seul..

 

La tournure qu'a pris la saga m'a vraiment beaucoup plu. Je pensais que Collins allait avoir du mal à aller au delà du concept même des jeux, et je me suis bien trompé.

 

De plus, le style, même s'il reste simple, est loin d'être simpliste et est très loin d'être niais. Je doute d'ailleurs que la saga se termine en happy end, ce qui n'est pas pour me déplaire. C'est une saga très mature et très intelligente qu'a écrite Collins, et pour cela je lui tire mon béret.


En plus, je trouve les couvertures très jolies.


Bon allez, je vais bientôt commencer le 3.

 

Par Shanaa - Publié dans : Young adult/Bit-Lit - Communauté : Membres de Livraddict
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